je sens sur les routes des corps lourds, incapable de marcher de leurs propres pas. incapable d'avancer dans leur existence. comme il se doit. des corps inaptes a toutes pensées. des incompatibles a la vérité. j'aimerais respirer, cet air impur a l'homme, où il flotte au gré de chaque minutes perdues, qui en ravage chaque atome, qui n'existe plus ici d'ailleurs. cet air caché dans les griffes de l'inconnu. ce vent d'infini, protégé par la sîmes de ces arbres plus hauts que les dieux. sur ces mêmes routes, je sens une présence hostile à l'homme, qui sépare ces si pauvres corps en dérision. en dérision vers leur propre perte. Le massacre quotidient contre la vérité, le crime le plus absolu, couvert d'un silence d'or. construit de ce cromosome malsain, l'homme avance, la tête baissée, l'horreur à sa tempe. il avance, il fuit aussi. il marche sur ce sol brûlant, brûlant, brûlé par les richesses du monde. que la Plaie tombe du ciel et lui extirpe son atroce état d'être, qui détruit chaque paysage eneigé, chaque parcelle de vérité. jn'ai plus la force de combattre le monde. donnez-moi ce que la solitude donne, donnez-moi ce que la pûreté
apporte, donnez-moi ce que l'infini a à m'offrir. Donnez-moi la vérité.
''jamais trop tard pour renoncer à nos préjugés. Nulle façon de penser ou d'agir, si ancienne soit-elle, ne saurait être acceptée sans preuve. Ce que chacun répète en écho ou passe sous silence comme vrai aujourd'hui peut demain se révéler mensonge, simple fumée de l'opinion, que d'aucuns avaient prise pour le nuage appelé à répandre sur les champs une pluie fertilisante. ''
- h.d. THOREAU, vivre dans les bois
''Mais parmi les chacals, les pantères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants
Dans la ménagerie infâme de nos vices,
Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la guerre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;
C'est l'Ennui ! - l'oeil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka,
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
- Hyppocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !
- Charles
BEAUDELAIRE,
Les Fleurs du Mal''Penser que la vie humaine ne peut être régis que par la raison,
c'est nier la possibilité même de la vie.''